🌿 Apprivoiser l’absence : petits pas après le dĂ©part d’Ella
Il y a un peu plus de deux semaines, notre chère Ella a quittĂ© doucement nos vies Ă l'âge de 15 ans. Quatorze annĂ©es de tendresse, de routines partagĂ©es, de petits gestes qui semblaient si banals… et qui aujourd’hui laissent un grand vide.
Les premiers jours ont Ă©tĂ© lourds, comme si le temps lui-mĂŞme s’Ă©tait ralenti. Le silence dans la maison paraissait plus dense, les matins sans son petit regard curieux Ă se demander quand la maman Ă©tait prĂŞte Ă la sortir. J’ai pleurĂ©, beaucoup. Et puis, peu Ă peu, j’ai compris qu’il ne fallait pas chercher Ă “oublier”, mais Ă changer ma façon d’aimer.
Transformer la peine en gestes de douceur
Pour apaiser l’absence, j’ai commencĂ© Ă poser de petits gestes symboliques.
Des gestes simples, mais porteurs de sens : rassembler ses foulards de toilettage et ses boucles pour crĂ©er quelques souvenirs un peu plus tard, allumer mon cellulaire pour voir sa photo immĂ©diatement et occasionnellement lui donner un bec et lui dire que je l'aime, apporter un de ses cadres avec une photo d’elle lors d'une session de photos souvenir de son adoption dans mon coin crĂ©atif. Ces rituels m’aident Ă me rappeler qu’Ella ne disparaĂ®t pas vraiment — elle change simplement de place, passant du quotidien Ă l’intime, du visible Ă l’invisible.
Je dĂ©couvre que le deuil n’est pas une ligne droite. C’est un va-et-vient entre les larmes et les sourires, entre la nostalgie et la gratitude. Certains jours, le manque se fait mordant. D’autres fois, je me surprends Ă sourire en pensant Ă ses petites manies, Ă sa façon de venir se coller sur le sofa, Ă me licher la bouche lorsque je dis des mots sales selon elle ...
Créer pour guérir
Comme le papier qui se plie, se froisse, puis reprend forme, je sens que la crĂ©ativitĂ© m’aide Ă me reconstruire.
Écrire, dĂ©couper, coller, assembler des souvenirs — tout cela devient un moyen de transformer la douleur en beautĂ©.
C’est dans cet esprit que j’ai créé un signet souvenir, accompagnĂ© d’un petit poème pour Ella. J’en offrirai Ă mes deux marchĂ©s de NoĂ«l, Ă ceux qui vivent un deuil ou connaissent quelqu’un qui en traverse un.
Parce qu’au fond, le chagrin d’aimer ne nous appartient pas seuls. Il nous relie.
Ces quelques mots, ces gestes d’attention, deviennent comme une main tendue. Ils rappellent que mĂŞme après la perte, il reste tant de douceur Ă partager.
Reprendre doucement le dessus
Reprendre le dessus, ce n’est pas tourner la page. C’est Ă©crire la suite autrement.
C’est accepter de marcher plus lentement, d’Ă©couter le silence, d’honorer ce qu’il reste de beau.
J’ai changĂ© certaines habitudes : aller marcher lĂ oĂą nous allions ensemble, mais seule cette fois, Ă sens inverse, en changeant de direction tout en observant la nature qui continue son cycle.
Je laisse la tristesse venir quand elle veut — et je la laisse repartir aussi.
Avec le temps, j’apprends Ă faire de son souvenir une lumière plutĂ´t qu’une ombre.
Pour ceux qui vivent aussi un deuil
Si tu lis ces lignes et que toi aussi tu as perdu un compagnon Ă quatre pattes, un ĂŞtre cher ou une prĂ©sence rĂ©confortante, je te dis simplement ceci : sois doux avec toi. Il n’y a pas de bonne façon de vivre le deuil, seulement ta façon.
Honore ce lien, laisse les souvenirs venir te visiter, et surtout, permets-toi de créer un petit rituel qui te fasse du bien.
Pour moi, c’est Ă travers mes mots et mes crĂ©ations que je garde Ella vivante.
Ă€ travers chaque papier recyclĂ©, chaque perle, chaque signet, il y aura un peu d’elle — cette petite âme fidèle qui m’a tant appris sur la tendresse, la patience et la prĂ©sence.

Et oui, on s'attache Ă ces petites bĂŞtes et elles nous manques beaucoup. Bon courage.
RépondreEffacerMerci ... bientôt 4 mois et toujours difficile.
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